Le double blocus du détroit d’Ormuz s’inscrit dans une désintégration de l’économie mondiale qui rappelle la dynamique des années 1930.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
En apparence, l’économie mondiale montre une résilience aussi étonnante que remarquable. Alors qu’elle a subi depuis le début de la décennie la pandémie de Covid, les guerres d’Ukraine, de Gaza et d’Iran, la guerre commerciale lancée par Donald Trump, qui a porté les droits de douane moyens aux États-Unis de 2,4 % à 16,8 %, et enfin un choc pétrolier, le FMI prévoit certes une baisse de la croissance en 2025, mais limitée à 3,1 % – contre 3,7 % entre 2000 et 2019. Les entreprises résistent et font preuve de capacités impressionnantes pour gérer l’incertitude et s’adapter. Les marchés financiers affichent une insolente exubérance, à l’image du S&P 500, où le PER moyen s’élève à 25, soit 8 points de plus que la moyenne des deux dernières décennies.
La réalité est tout autre. L’écart se creuse entre les marchés financiers, d’un côté, la montée des tensions géopolitiques et la dégradation des fondamentaux de l’économie, de l’autre. Les guerres ne sont plus lointaines mais proches ; elles ne sont plus limitées mais totales ; elles ne sont plus courtes mais longues. Le cessez-le-feu qui devait avoir pour contrepartie la réouverture d’Ormuz débouche sur un double blocus du détroit, à périmètre et géométrie sans cesse variables. Mais avec pour effet certain un choc dévastateur pour la sécurité énergétique et pour le commerce maritime, qui assure 90 % des échanges en volume et 80 % en valeur. Les multiples déclarations de Donald Trump sur la fin rapide des opérations militaires et la victoire historique des États-Unis ne masquent pas le fait que le temps joue à l’avantage de l’Iran, compte tenu de l’ampleur des dommages infligés à l’économie mondiale.
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Chronique parue dans Le Figaro du 20 avril mars 2025
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