La destruction de la stabilité, de la prospérité et de la sécurité de l’Europe par les États-Unis constitue un traumatisme inouï, mais aussi une chance historique de se réinventer. Si les nations européennes parviennent à sortir de la paralysie.
La guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz ont détourné l’attention de l’Ukraine, reléguée au statut de conflit périphérique. C’est pourtant là-bas que se joue l’avenir de la liberté et de notre continent.
L’Europe passe enfin des paroles aux actes et entame un difficile aggiornamento. Même si cela implique de refonder un modèle obsolète.
Pour s’opposer à la prédation des empires autoritaires, les puissances moyennes ont tout intérêt à renforcer leurs alliances.
Pologne, Roumanie… Poutine exploite le blanc-seing qu’il a reçu de Trump et de Xi pour l’extension de la guerre.
Et ce sans véritable riposte de la part de l’Otan.
À Strasbourg, ce 10 septembre, Ursula von der Leyen a délivré un discours incohérent et déconnecté des réalités du monde comme des attentes des citoyens européens.
Il y a urgence à replacer l’Union et la Commission sous le contrôle des grands États européens.
En signant l’accord sur les droits de douane, fruit d’une stratégie de l’apaisement, l’Union européenne a dangereusement renforcé sa dépendance à l’égard des États-Unis.
L’Afrique, symbole du Sud, disparaît de l’horizon de l’Occident qui est accaparé par sa crise politique, intellectuelle et morale, ainsi que par ses déchirements.
Pour l’Europe, les cinq prochaines années seront décisives. Soit elle parvient à s’affirmer comme un acteur stratégique indépendant. Soit elle perdra sa souveraineté et sa liberté pour faire l’objet d’un nouveau Yalta entre les puissances impériales.
Le président américain impulse, aux États-Unis et dans le monde, une dynamique comparable à celle de la Grande Dépression.
Le déclin et l’éclatement de l’Occident sont indissociables de la crise de l’État de droit. Et la résolution de cette crise est, au même titre que le réarmement de l’Europe, une des conditions nécessaires pour la survie de la liberté politique au XXIe siècle.
Le réarmement est parfaitement compatible avec la reprise de contrôle des finances publiques. Mais à condition de construire un nouveau modèle français performant pour le XXIe siècle.
La France n’a désormais d’autre choix, si elle veut préserver sa liberté et la paix en Europe, que de réarmer. Mais ce réarmement doit s’accompagner d’un sursaut national.
Face aux régimes autoritaires, l’Europe peut renouer avec son histoire tout en devenant un pôle d’attractivité pour les talents comme pour les activités à forte valeur ajoutée en s’affirmant comme le héraut de la liberté politique et économique.
Axe Trump-Poutine, éclatement de l’Occident et de l’Otan… La course à la guerre est lancée, comme dans les années 1930. Au pied du mur, la France doit, d’urgence, se réarmer.
