Après avoir condamné l’État à l’impuissance, Emmanuel Macron fragilise désormais la dissuasion nucléaire, l’un des derniers atouts majeurs dont dispose notre pays. Sous couvert d’une actualisation de sa doctrine, il crée une confusion dévastatrice pour sa crédibilité.
En affichant ses différends avec l’Allemagne, la France réitère ses erreurs passées et met l’Europe en danger.
La paix civile et l’État de droit ne tiennent plus qu’à un mince fil de soie que nombre de forces politiques et sociales travaillent à cisailler. Si nous voulons sauver la République, il est grand temps de nous ressaisir.
Notre pays est devenu l’Argentine de l’Europe, la démagogie faisant basculer des pans entiers de la classe moyenne dans la pauvreté tout en organisant l’exil des talents et des cerveaux, des entreprises et des capitaux.
Cessons de condamner tout ce qui est ambitieux et pourrait nous sauver pour nous projeter enfin dans l’avenir.
L’Assemblée nationale a voté, en première lecture, 5 milliards d’euros d’impôts nouveaux à la charge des entreprises,
après 30 milliards en 2025. La fuite du potentiel productif est inévitable.
La descente aux enfers de notre agriculture, dont l’excédent commercial a chuté de 93% sur les huit premiers mois de l’année, constitue le point d’orgue d’un long décrochage.
Le redressement de l’Italie, venant après celui de l’Europe du Nord et accompagnant celui des nations méditerranéennes à la notable exception de la France, constitue un motif d’espoir.
Notre pays dispose d’atouts majeurs pour rebondir : son capital humain, son épargne, son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures, les groupes du CAC 40, son patrimoine, sa culture et sa civilisation.
Depuis son élection à la présidence de la République, la France s’effondre sur les plans économique, financier, social, éducatif, sécuritaire, explique Nicolas Baverez.
La taxe Zucman, expression la plus aboutie de la préférence pour l’impôt, ne résoudra pas les 168 milliards de déficit de l’État.
Mais elle portera le coup de grâce à une économie exsangue.
La génération née entre 1942 et 1965 a tout du bouc émissaire. On oublie un peu vite que la durée du travail était alors la plus élevée du monde développé.
Outre ses faiblesses économiques, le projet de François Bayou est mort-né en raison de l’absence de soutien politique, des virulentes oppositions sociales et de l’hostilité des citoyens envers un premier ministre qui bat tous les records d’impopularité.
La France est devenue un rentier nihiliste, dilapidant l’héritage des générations passées et sacrifiant systématiquement les enjeux d’avenir à des objectifs de très court terme.
