Avec la guerre en Iran, les États-Unis de Donald Trump jouent à la roulette leur leadership mondial et la Russie perd un nouvel allié, pendant que la Chine poursuit méthodiquement la construction d’un monde post-occidental. L’Europe, elle, reste spectatrice des bouleversements du monde.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Nicolas Machiavel rappelle que l’« on commence la guerre quand on veut, mais on la finit comme on peut ». Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février des frappes massives contre l’Iran, avec pour double objectif de réduire à néant son arsenal balistique et ses capacités nucléaires ainsi que de créer un changement au sein du régime, sur le modèle du Venezuela. Ils ont saisi l’occasion de l’affaiblissement de la République islamique et de ses dirigeants. Politique avec la détestation de 85 % des 92 millions d’Iraniens qui les haïssent depuis la sanglante répression des manifestations de janvier – dont l’effroyable bilan compte 35 000 morts et 50 000 incarcérations -. Militaire avec la destruction d’une grande partie de l’infrastructure militaire et des stocks d’armement lors de la guerre des Douze jours de juin 2025. Diplomatique avec un isolement complet à l’exception de la Russie qui veut les soutenir mais ne le peut pas et de la Chine qui pourrait les aider mais ne veut pas s’engager au-delà de la fourniture au prix fort de renseignements et de systèmes d’armes.
Face aux atermoiements des mollahs, à la rigidité et à l’aveuglement d’Ali Khamenei et de son entourage qui misaient sur un nouveau faux accord, Donald Trump, sous la pression de Benyamin Netanyahou, s’est rangé à une vraie guerre. Une guerre qui se doit d’être décisive, contrairement à celle de juin 2025, en éradiquant l’arsenal de terreur iranien et en faisant tomber ou transformant le régime des mollahs. Une guerre qui, du côté des États-Unis, ne peut être que courte compte tenu des tensions sur les stocks de missiles, de son coût qui atteint un milliard de dollars par jour, de la loi sur les pouvoirs de guerre de 1973 qui impose l’approbation du Congrès au-delà de 60 jours d’opérations, de l’hostilité des Américains qui ne sont que 27 % à l’approuver, des risques de stagflation mondiale liés à l’impact sur le marché des hydrocarbures et sur le trafic maritime.
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(Chronique parue dans Le Figaro du 7 mars 2026)
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