La chute de Viktor Orban et de son modèle de démocratie illibérale s’inscrit dans une longue série de fiascos et de revers des expériences populistes. Pour les citoyens comme pour les dirigeants des démocraties, il est désormais impératif d’en tirer les leçons.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
La lourde défaite de Viktor Orban face à Péter Magyar lors des élections législatives du 12 avril marque un tournant pour la Hongrie comme pour l’Europe.
Trois raisons expliquent l’échec de Viktor Orban et le sursaut des Hongrois pour surmonter l’annexion de l’État par le Fidesz, la généralisation de la peur, le mensonge entretenu autour de la guerre en Ukraine, imputée à Kiev et à l’Union. La première est économique, avec la stagnation de l’activité, l’envol de l’inflation autour de 50 % en quatre ans, la paupérisation de la population, la chute du forint de 23 % face à l’euro de 30 % face au dollar. Ensuite viennent la généralisation de la corruption et l’affermage de l’économie aux oligarques liés à Viktor Orban et à sa famille. Enfin, l’aliénation de la souveraineté nationale, la dénonciation de la tyrannie virtuelle de Bruxelles ayant masqué l’allégeance réelle à Moscou, et la soumission aux ingérences de l’Administration Trump, symbolisée par le soutien de JD Vance à Viktor Orban à la veille du scrutin.
Après la chute du mur de Berlin, la Hongrie était l’ex-démocratie populaire la mieux armée et positionnée pour la transition vers la démocratie et l’économie de marché. Son basculement dans la démocratie illibérale l’a reléguée au dernier rang des pays d’Europe centrale et orientale en termes de développement et de qualité de la gouvernance en raison d’une corruption endémique.
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Chronique parue dans Le Figaro du 4 mai 2026
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