Andy Burnham, le nouveau premier ministre britannique, entend refaçonner le Royaume-Uni, très affaibli par sa sortie de l’Union européenne, en misant sur une vaste décentralisation au service de la croissance.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Andy Burnham, ancien maire de Manchester et « Roi du Nord », est le septième premier ministre à entrer au 10 Downing Street depuis le vote du Brexit, il y a dix ans. Il succède à Keir Starmer, qui a été contraint à la démission après la déroute historique du Labour et la percée de Reform UK lors des élections locales de mai, s’ajoutant à son discrédit dans l’affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington alors qu’il était compromis dans le réseau criminel de Jeffrey Epstein, ainsi qu’aux fiascos en chaîne de la police face aux réseaux pakistanais d’exploitation sexuelle de mineures ou au meurtre de Henry Nowak.
Le nouveau premier ministre entend refaçonner le Royaume-Uni autour d’une vaste décentralisation au service de la croissance, faisant des régions le bras armé de la réindustrialisation, de la modernisation des infrastructures et de la fourniture des services essentiels. Pour autant, ses marges de manœuvre seront très limitées, tant par l’affaiblissement de l’économie (croissance réduite à 0,7 %, inflation de 3,6 %, taux de chômage de 6 %, déficit public de 5,5 % du PIB et commercial de 1,5 % du PIB) que par la crise financière qui a porté le taux du Gilt 10 ans au-delà de 5 %, fragilisant non seulement le Trésor britannique mais aussi la City et le secteur bancaire. Simultanément, la chute du Labour et l’effondrement des Conservateurs le placent sous la menace de Reform UK de Nigel Farage, qui bénéficie à plein de l’hostilité croissante à l’immigration et du rejet du modèle multiculturel.
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Chronique parue dans Le Figaro du 20 juillet 2026
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