La parité affichée entre les deux superpuissances est désormais fictive : le sommet de Washington a marqué le renversement du rapport de force en faveur de Pékin dans la rivalité stratégique qui oppose les États-Unis et la Chine.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Donald Trump a déroulé le tapis rouge pour la première visite de Xi Jinping à Washington depuis onze ans, l’accueillant au pied de son avion sur la base d’Andrews. Mais sous le faste, l’apparat et la proximité affichée entre les deux chefs d’État, pointe un nouveau sommet des dupes après de celui de Pékin en mai dernier, aux antipodes des rencontres historiques entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, notamment à Reykjavik en 1986, décisives dans le cours et l’issue de la guerre froide.
La mise en scène et la communication ne parviennent pas à masquer la modestie des résultats qui se limitent à la prolongation de deux mois, jusqu’au 10 janvier 2027, de la trêve conclue dans la guerre commerciale. Le dialogue sur l’IA est vide, les États-Unis tentant de maintenir leur leadership en multipliant la sortie de nouveaux modèles tout en alertant sur leur danger, tandis que la Chine cherche à accélérer son rattrapage dans les microprocesseurs. Enfin, Pékin n’entend en rien intervenir en faveur d’une paix négociée dans les deux conflits majeurs qui dévastent la planète, qu’il s’agisse de son alliance avec Moscou soutenu contre Kiev à travers les achats d’énergie et les livraisons massives à l’industrie d’armement, ou de l’aide apportée à l’Iran en matière de renseignement, de technologie et de contournement des sanctions américaines. L’objectif de Xi Jinping demeure de profiter pleinement de l’enlisement des États-Unis au Moyen-Orient et de la division de l’Occident, qui favorisent sa course au leadership mondial et lui laissent les mains libres sur Taïwan.
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Chronique parue dans Le Figaro du 28 septembre 2026
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