Si le réarmement de l’Allemagne est indispensable à la sécurité de l’Europe, les nouvelles orientations de Berlin soulèvent de sérieuses questions.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Un an après la victoire étriquée de Friedrich Merz et la formation d’une nouvelle grande coalition entre la CDU-CSU et le SPD en mai 2025, les élections dans le puissant Land de Bade-Wurtemberg faisaient figure de test. Elles ont confirmé la fragilité de la base politique du nouveau chancelier. Les Verts ont obtenu 30,2 % des voix, devançant la CDU (29,7 %), ce qui leur permet de conserver le pouvoir. L’AfD réalise une percée historique dans un Land de l’Ouest avec 18,8 % des suffrages, tandis que le SPD est écrasé, ne réunissant que 5,5 % des électeurs.
Le déclin des deux partis qui ont organisé la vie politique allemande depuis la fondation de la RFA comme la poussée de l’extrême droite sont la conséquence directe de la crise existentielle que traverse l’Allemagne. Crise démographique, avec la diminution de la population de 100 000 personnes en 2025. Crise économique avec l’enchaînement de la récession en 2023 et 2024 puis d’une très faible croissance de 0,2 % en 2025. Crise sociale avec la fin du plein-emploi et la montée du chômage (6,5 % des actifs), qui résulte de la multiplication des licenciements (52 000 suppressions de postes dans l’automobile et 150 000 dans la métallurgie et l’électronique en 2025). Crise stratégique avec la prise en étau entre l’Amérique illibérale de Trump, qui n’est plus un protecteur mais un prédateur, la menace militaire de la Russie, l’emprise économique et la concurrence déloyale de la Chine.
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(Chronique parue dans Le Figaro du 15 mars 2026)
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