Après huit ans au pouvoir, la gestion calamiteuse de la vague migratoire qui a déferlé sur Ceuta pourrait bien constituer la faute de trop pour Pedro Sanchez.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Le 2 septembre, sur tout le territoire espagnol, plus de 200 manifestations se sont déroulées, rassemblant devant les mairies 100 000 à 150 000 personnes à Madrid, 25 000 à Valence, Séville ou Saragosse. Avec pour mots d’ordre la défense de la souveraineté espagnole sur l’enclave de Ceuta ainsi que la démission de Pedro Sanchez et l’organisation d’élections législatives anticipées.
Ainsi, la crise migratoire ouverte par l’afflux de 72 000 migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet s’est transformée en crise humanitaire et sécuritaire dans l’enclave de 18,5 km2, où sont restés environ 10 000 migrants, dont 1 200 mineurs, qui font face à 80 000 habitants laissés à eux-mêmes par Madrid. La crise humanitaire et sécuritaire s’est muée en crise politique avec la légèreté du président du gouvernement espagnol, qui n’a rien modifié à ses vacances dans les Canaries, puis à Andorre, et s’est contenté de convertir les équipements publics de Ceuta en centres d’hébergement. La crise politique s’est élargie en crise internationale. Au sein de l’Union, avec la demande de Giorgia Meloni, soutenue par le Danemark et la Finlande, de suspendre, voire d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen. Au plan mondial, avec les déclarations de Pedro Sanchez attribuant sans preuve la responsabilité de la crise à la Russie, à Israël et à l’ « internationale de l’extrême droite ». Pour achever de mettre le feu aux poudres, Pedro Sanchez a proposé que le roi Felipe VI effectue un déplacement dans les enclaves de Ceuta et Melilla, alors même que la dernière visite, effectuée par Juan Carlos Ier en novembre 2007, avait entraîné de vives et durables tensions diplomatiques avec le Maroc.
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Chronique parue dans Le Figaro du 7 septembre2026
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