
MANISH SWARUP/AP/SIPA
Nul n’échappe à la loi impitoyable du nouvel âge des empires, placé sous le signe du retour de la guerre, de la libération de la violence, de la fragmentation et de l’arsenalisation des relations économiques. Pour être désormais le pays le plus peuplé du XXIe siècle avec 1,46 milliard d’hommes, l’Inde en éprouve la dure loi.
Le moment indien, porté par la mondialisation et par l’émergence d’une classe moyenne de près de 150 millions de personnes, s’est évanoui avec la multiplication des chocs extérieurs : pandémie de Covid, conflits en chaîne d’Ukraine, de Gaza et d’Iran, guerre commerciale lancée par l’Amérique de Donald Trump.
Victime du tournant protectionniste des États-Unis
Alors qu’elle se présentait comme la 4e économie de la planète, l’Inde a été rétrogradée par le FMI à la 6e place, derrière le Royaume-Uni. Elle a été l’une des cibles privilégiées du tournant protectionniste des États-Unis, cumulant des droits de douane de 50 %, ramenés à 18 % en février dernier, qui ont déstabilisé plusieurs millions d’emplois, et les visas payants à hauteur de 100 000 dollars dans la technologie dont 70 % des bénéficiaires sont indiens.
Elle a été touchée de plein fouet par le choc pétrolier et la crise agricole déclenchés par la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, qui ont mis en évidence sa dépendance énergétique liée à sa situation de troisième importateur de pétrole du monde dont la moitié en provenance du Golfe.
