
LUDOVIC MARIN/AFP/LUDOVIC MARIN
Le sommet Africa Forward, organisé les 11 et 12 mai à Nairobi par le Kenya et la France, a tourné à la célébration de la croissance, de l’IA et des technologies numériques, de l’entrepreneuriat et de la jeunesse. Il apparaît à mille lieues de la réalité du continent, rattrapé par la fin de la mondialisation, qui lui avait permis d’amorcer son décollage économique, et par le basculement dans un âge des empires où la force domine et où la violence sort de tout contrôle.
L’Afrique reste le continent des conflits armés les plus meurtriers, de la RDC à la Libye en passant par le Soudan (150 000 morts et des millions de réfugiés), l’Éthiopie ou le Sahel. Ces guerres font le jeu des puissances impériales qui les instrumentalisent : la Russie à travers ses mercenaires et le pillage des ressources minières ; la Chine via la dépendance commerciale et financière ; les États-Unis pour sécuriser leur accès aux terres rares ; la Turquie et l’Iran à travers la religion ; les Émirats arabes unis à travers l’assistance militaire. Dans le même temps, la pression des djihadistes s’accentue, à l’Ouest jusqu’au Bénin, à l’Est jusqu’au Mozambique, au Nord avec la constitution d’un vaste Sahelistan depuis la prise du pouvoir par les juntes et le départ de l’armée française – avec pour symbole le Mali, où Bamako est assiégée par le JNIM.
