L’Europe, qui a perdu toutes les batailles technologiques depuis la fin du XXe siècle, ne peut passer à côté de celle de l’IA sans perdre sa souveraineté et sa liberté.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
L’IA a effectué une spectaculaire percée dans le domaine militaire à l’occasion des guerres d’Ukraine, de Gaza et d’Iran, qui ont vu la robotisation massive du champ de bataille. Du côté des entreprises, SpaceX est en passe de réaliser la plus grande introduction en Bourse de l’histoire, sur le Nasdaq, avec pour objectif de lever 80 milliards de dollars. L’opération valorise l’entreprise entre 1 500 milliards et 2 200 milliards, ce qui fera d’Elon Musk, son actionnaire majoritaire, le premier billionnaire.
Du côté des États, l’IA est omniprésente dans l’affrontement entre les États-Unis et la Chine. Les États-Unis l’ont érigée en impératif de sécurité nationale et cherchent à protéger leur avance en excluant toute réglementation du secteur, en exigeant des entreprises américaines que la moitié au moins de leur capacité de calcul dédiée à l’IA soit située sur le territoire national et en relocalisant la production de puces. C’est la menace d’un embargo sur les exportations de terres rares, indispensables à la fabrication des puces, qui a conduit Donald Trump à renoncer à sa guerre commerciale contre Pékin.
L’IA, dans le même temps, voit monter les inquiétudes et les protestations, alimentées parfois par ses promoteurs qui mettent en œuvre un marketing de la peur. Dario Amodei, fondateur d’Anthropic, s’en est fait une spécialité, annonçant une apocalypse de l’emploi, notamment pour les jeunes, et dénonçant le recours à l’IA pour la surveillance de masse ou le développement d’armes autonome.
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Chronique parue dans Le Figaro du 25 mai 2026
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