Enfermée dans le déni, la classe politique remet le sauvetage du pays entre les mains de la troïka composée du FMI, de l’Union européenne et de la BCE.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
En cet automne 2026, l’accélération des trois crises financière, sociale et politique place la France au bord du chaos. La crise financière tout d’abord. À la mi-2026, la dette de la France s’établissait à 3 600 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, son plus haut niveau depuis 1946. Le 1er octobre, les taux ont dépassé 5 % et l’écart avec l’Allemagne 150 points de base, fait sans précédent depuis 2008. Notre pays se trouve aujourd’hui dans la situation de l’Italie en 2011, qui affichait une dette de 120 % du PIB, des taux de 7 %, un spread de 150 points avec l’Allemagne et un déficit de 4,6 % du PIB. Ceci s’acheva par la chute de Silvio Berlusconi et l’application d’un sévère plan d’ajustement sous l’autorité de Mario Monti et la supervision de la BCE.
La France n’est plus un pays du cœur de l’euro mais une nation périphérique qui menace la stabilité de la zone. Le danger pour la monnaie unique ne vient plus des Piigs qui se sont redressés depuis le début des années 2010 mais de Frogs : French Oversized Government and Social Security. Le risque de la dette souveraine se propage par ailleurs aux banques, exposées à hauteur de 100 milliards d’euros, aux assurances et aux entreprises, les investisseurs sous-pondérant les actifs français et exigeant des primes de risques toujours plus élevées.
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Chronique parue dans Le Figaro du 11 octobre 2026
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