Le projet de loi constitutionnelle relatif à l’autonomie de la Corse, examiné par la commission des lois de l’Assemblée nationale à partir du 1er juin, ferait entrer le séparatisme dans notre Constitution.

Nicolas Baverez. Francois Bouchon
Alors que la France s’enfonce dans la stagflation, alors que la pression des marchés sur la dette publique se renforce, alors que les tensions géopolitiques montent aux extrêmes, Emmanuel Macron a pesé de tout son poids pour que le projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse soit examiné en priorité par l’Assemblée nationale au cours du mois de juin.
Ce texte propose de créer un nouvel article 72-5 dans la Constitution de 1958, consacré exclusivement à la Corse et de lui conférer un statut d’autonomie en raison de ses intérêts propres, liés à « sa communauté historique, linguistique et culturelle ». La collectivité de Corse pourrait ainsi adapter ou abroger des lois et règlements dans différents domaines précisés par une loi organique, à l’exclusion des missions régaliennes de l’État. Les électeurs inscrits sur les listes électorales de Corse pourront être consultés sur le nouveau statut de l’île.
Cette réforme est le produit des négociations conduites pendant deux ans par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, pour mettre fin aux violentes émeutes qui suivirent l’agression mortelle d’Yvan Colonna en mars 2022 par un détenu islamiste, dans la prison d’Arles où il purgeait sa peine de réclusion à perpétuité pour avoir assassiné le préfet Claude Erignac en 1998. Sous le prétexte d’une autonomie largement mise en œuvre par les statuts de 1982, 1991 et 2003, ce projet organise non seulement la rupture de la Corse avec la France mais dynamite les principes et les valeurs de notre République : l’existence d’une seule communauté de citoyens ; l’unité et la souveraineté de la nation ; la garantie de la liberté et égalité avec pour médiation de la fraternité.
[…]
Lire la suite de l’éditorial sur lefigaro.fr
Chronique parue dans Le Figaro du 1er juin 2026
![]()
