Par leur égotisme, les présidents américain et français sont les deux faces d’une même médaille.
L’OPA réalisée au sommet de Davos par Donald Trump, qui a réitéré sa volonté d’annexer le Groenland, montre que les États-Unis ont non seulement basculé dans la démocratie illibérale, mais aussi dans un régime de pouvoir personnel.
Par-delà la nature dictatoriale et criminelle du régime vénézuélien, l’intervention des États-Unis acte leur rupture avec le droit international et valide les revendications de Moscou sur l’Ukraine et de Pékin sur Taïwan.
L’année 2026 inaugure une nouvelle ère dominée par les prédateurs.
Donald Trump a réalisé ce dont Staline avait rêvé et que Xi et Poutine ont placé au cœur de leurs projets impériaux :
l’éclatement de l’Occident, la destruction de l’ordre mondial de 1945.
Déni de l’État de droit, purges, autoritarisme, culte de la personnalité, le système Trump rompt avec la démocratie, fondatrice de l’histoire des États-Unis.
L’État de droit reste la clé de la survie de la démocratie et de la liberté politique au XXIe siècle. L’ampleur et la vitesse de sa disparition aux États-Unis, comme la faiblesse des résistances sous l’effet de la peur répandue par l’Administration Trump, rappellent sa fragilité.
Pologne, Roumanie… Poutine exploite le blanc-seing qu’il a reçu de Trump et de Xi pour l’extension de la guerre.
Et ce sans véritable riposte de la part de l’Otan.
En signant un accord sur les droits de douane unilatéral et déséquilibré, Bruxelles entérine sa soumission aux États-Unis.
La forme pure de ce régime politique n’existe plus qu’en Scandinavie, en Suisse, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada. Partout ailleurs, le clivage avec les régimes autoritaires se brouille.
Entre péril financier, fragmentation du système mondial et retour de la guerre, les points de comparaison avec les années 1930 se multiplient. Ils doivent nous alerter sur l’avenir de nos démocraties.
En signant l’accord sur les droits de douane, fruit d’une stratégie de l’apaisement, l’Union européenne a dangereusement renforcé sa dépendance à l’égard des États-Unis.
Pour l’Europe, les cinq prochaines années seront décisives. Soit elle parvient à s’affirmer comme un acteur stratégique indépendant. Soit elle perdra sa souveraineté et sa liberté pour faire l’objet d’un nouveau Yalta entre les puissances impériales.
Le président américain impulse, aux États-Unis et dans le monde, une dynamique comparable à celle de la Grande Dépression.
Donald Trump a plongé dans le chaos les échanges et les paiements mondiaux.
Le tournant illibéral de l’Amérique sous l’influence de Donald Trump fait entrer le monde dans une nouvelle ère placée sous le signe des empires, des autocrates et du recours décomplexé à la violence au plan intérieur comme au plan extérieur.
